Les médecins territoriaux exercent dans des secteurs variés comme la protection maternelle et infantile (PMI), la petite enfance, les aides sociales, les personnes âgées et personnes handicapées, le médecine professionnelle, etc. Ils sont amenés à encadrer des équipes plus ou moins importantes. Ils ne s'estiment pas suffisamment formés une fois le concours de médecins territoriaux passé. En juin 2004, ils avaient commencé à réfléchir à une réforme de leur formation initiale et l'idée d'un colloque avait alors émergé. Ce colloque avait pour objectif de dégager des axes de formation et de s'accorder sur leur contenu et de faire entendre les demandes des territoriaux à leurs employeurs, les interpeller pour développer et améliorer la politique de santé publique.

Six axes de travail
Les 270 médecins territoriaux présents lors de ces deux journées ont pu débattre lors des sessions proposées, sur leurs besoins de formation et sur l'évolution de leurs missions. Anne Caudoux, médecin dans le département des Hauts-de-Seine témoigne « mes missions dans le département ont été recentrées. Je souhaitais avoir une ouverture, et à ce colloque je découvre beaucoup de possibilités. J'ai passé le concours, mais je n'ai pas eu de formation, surtout de formation en management. Ce colloque répond à mes attentes, j'y découvre des éléments nouveaux. »Après une séance d'ouverture animée par Jacques Charlot, directeur général du CNFPT, Patrick Dubelco, adjoint au maire d'Antibes et Michel Ducloux, président du conseil national de l'ordre des médecins, les participants se sont répartis dans les différents ateliers.
Quelle formation pour les médecins territoriaux ?
Chaque atelier a fait l'objet d'une synthèse présentée le deuxième jour du colloque, suscitant à chaque présentation questions et débats. Claire Cornet, directrice de la formation du CNFPT a ensuite proposé une synthèse générale reprenant les éléments-clés de chaque groupe de travail. Le besoin partagé de travailler sur leur identité est le premier point qui est ressorti, avec une volonté de conserver cette identité de médecin. Le deuxième élément portait sur le contexte de l'exercice de ce métier qui oblige les médecins à s'adapter aux nouveaux enjeux de l'exercice de ce métier. Enfin, des besoins de formations multiples ont été fortement exprimés.
Bernard Kouchner, en qualité de médecin, ancien ministre de la Santé mais plus particulièrement ici en tant que professeur au CNAM a introduit le débat. Jacques Hardy, directeur de l'école nationale de santé publique (ENSP), a compris que les médecins territoriaux souhaitaient un allongement de la formation initiale et que l'ENSP était prête à faire des propositions pour contribuer à une formation revalorisée. Il a également rappelé que son établissement avait vocation à être un interlocuteur privilégié du CNFPT. Serge Briançon, directeur de l'école de santé publique de Nancy a présenté ses activités, avec notamment la mise en place de masters. Jacques Roland, professeur à la faculté de médecine de Nancy, président de la section formation et compétences médicales, conseil national de l'ordre des médecins, a rebondi en rappelant l'importance du rôle social du médecin territorial, et l'implication du conseil de l'ordre. Alain Beaupin, médecin-directeur du centre de santé de Vitry-sur-Seine, président du conseil national de la formation médicale continue des médecins salariés non-hospitaliers (CNFMCS), a proposé des solutions de formations alternatives, notamment à distance, par le biais d'internet. Simon Renucci, député-maire d'Ajaccio, délégué régional corse du CNFPT, a rappelé qu'en tant qu'élu deux points importants lui tenaient à cœur : la fonction et le statut des médecins territoriaux. René Gily, vice-président du conseil général des Alpes-Maritimes, délégué à la santé a complété en précisant qu'il était nécessaire de mettre en place des outils d'information.
Un pôle de compétence santé
Pour conclure, André Rossinot est intervenu pour appuyer l'idée de la nécessité de travailler en réseau, et d'organiser ce type d'événement à intervalles réguliers pour que des réponses concrètes émergent. Il a ajouté que les médecins étaient à la base formés pour soigner, pas forcément pour travailler sur les territoires. Le président s'est engagé à ce que le CNFPT à l'issue du colloque suive la feuille de route qui concerne la formation initiale et plus largement l'offre de formation du CNFPT. Dans ce sens, André Rossinot a annoncé la création du pôle de compétence santé, la collaboration à venir avec l'INET, et le renforcement de la coopération avec les universités. Les médecins territoriaux ont été entendus et attendent désormais des propositions pour améliorer leur formation.
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